<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><title>Matos · Le Voyageur Tech</title><description>Équipement de voyage analysé sur pièces.</description><link>https://www.voyageur.tech/</link><item><title>Le sac de cabine à ouverture panneau qui ne m&apos;a plus fait jurer</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-sac-a-panneau-qui-ne-jure-plus/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-sac-a-panneau-qui-ne-jure-plus/</guid><description>Analyse sur pièces d&apos;un sac de cabine 40 L à ouverture panneau, après l&apos;épisode du bus raté à Chiang Mai.</description><pubDate>Tue, 21 Jul 2026 07:55:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Cet article n’existerait pas sans le bus raté de
&lt;a href=&quot;/fr/carnet/le-jour-ou-jai-loupe-le-bus-a-chiang-mai/&quot;&gt;Chiang Mai&lt;/a&gt;. Je voulais comprendre ce qui,
dans un sac de cabine, fait vraiment la différence entre deux minutes de rangement et huit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-problème-nest-pas-le-volume&quot;&gt;Le problème n’est pas le volume&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Après un sac trop plein, la tentation, c’est de chercher plus grand. Mauvaise piste. Le volume
n’était pas le problème le jour du bus raté, l’ouverture l’était. Un sac classique, avec une
seule ouverture en haut, fonctionne comme un tube : pour accéder au fond, il faut retirer ce qui
est au-dessus. Ranger proprement devient un jeu de Tetris vertical, lent par construction, quel
que soit le volume disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sac à ouverture panneau fonctionne à l’inverse. La face avant se rabat entièrement, le
contenu est visible et accessible d’un coup, comme un livre ouvert à plat. Le gain n’est pas
dans ce qu’il contient, mais dans la vitesse à laquelle on peut le refermer sans y penser.&lt;/p&gt;
&lt;figure class=&quot;my-6&quot;&gt;
  &lt;svg viewBox=&quot;0 0 400 180&quot; role=&quot;img&quot; aria-labelledby=&quot;schema-ouverture-titre&quot; xmlns=&quot;http://www.w3.org/2000/svg&quot;&gt;
    &lt;title id=&quot;schema-ouverture-titre&quot;&gt;Ouverture classique par le haut contre ouverture panneau à plat&lt;/title&gt;
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    &lt;text x=&quot;80&quot; y=&quot;175&quot; text-anchor=&quot;middle&quot; fill=&quot;var(--color-ivoire)&quot; font-size=&quot;13&quot;&gt;Ouverture classique&lt;/text&gt;
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    &lt;text x=&quot;300&quot; y=&quot;175&quot; text-anchor=&quot;middle&quot; fill=&quot;var(--color-ivoire)&quot; font-size=&quot;13&quot;&gt;Ouverture panneau&lt;/text&gt;
    &lt;defs&gt;
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    &lt;/defs&gt;
  &lt;/svg&gt;
  &lt;figcaption class=&quot;mt-2 text-center text-small text-ardoise&quot;&gt;Schéma de principe : à gauche, il faut retirer le contenu du dessus pour atteindre le fond ; à droite, la face avant se rabat et donne un accès direct.&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-je-nai-pas-pu-tester&quot;&gt;Ce que je n’ai pas pu tester&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai pas ce sac précis entre les mains. Ce qui suit est une analyse sur fiche technique, pas
un usage prolongé. Je n’ai pas eu dix mois pour le confronter à la pluie, aux vols low-cost qui
pèsent chaque bagage, ou à l’usure d’un tissu qui frotte contre un porte-bagage tous les deux
jours. Cet article vaut ce qu’il est : un comparatif de conception, pas un carnet d’usure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-la-fiche-dit-et-ce-quelle-ne-dit-pas&quot;&gt;Ce que la fiche dit, et ce qu’elle ne dit pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le volume et le poids viennent de la fiche produit, pour les deux sacs&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;#user-content-fn-1&quot; id=&quot;user-content-fnref-1&quot; data-footnote-ref=&quot;&quot; aria-describedby=&quot;footnote-label&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Le temps de
rangement, lui, vient d’ailleurs : mon propre sac, celui de l’histoire de Chiang Mai, m’a coûté
huit minutes de bricolage sur un trottoir. Un sac à ouverture panneau, sur le papier, range en
deux. L’écart n’est pas mesuré sur ce modèle précis, il est déduit de la conception, et de ce
que j’ai vécu avec le mien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;pourquoi-jai-écarté-les-trois-autres-options&quot;&gt;Pourquoi j’ai écarté les trois autres options&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trois alternatives sérieuses, chacune avec un motif précis plutôt qu’un simple « moins bien ».
La valise à roulettes mérite d’être nommée à part : elle règle le problème de rangement en
évitant le pliage, mais en crée un autre dès que le trajet quitte le bitume. Pour de
l’itinérance en Asie du Sud-Est, ce n’est pas un détail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-je-ne-sais-pas-encore&quot;&gt;Ce que je ne sais pas encore&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce produit n’a pas encore de référence vérifiée chez moi, et sans référence vérifiée, pas de
lien d’achat : juste le nom, en texte simple. Je préfère un article incomplet à un lien qui ne
mène nulle part de fiable.&lt;/p&gt;
&lt;section data-footnotes=&quot;&quot; class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;sr-only&quot; id=&quot;footnote-label&quot;&gt;Footnotes&lt;/h2&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&quot;user-content-fn-1&quot;&gt;
&lt;p&gt;Fiche technique du fabricant, consultée le 21 juillet 2026. Un sac à ouverture classique
haut de 45 L sert de comparaison, avec la même source. &lt;a href=&quot;#user-content-fnref-1&quot; data-footnote-backref=&quot;&quot; aria-label=&quot;Back to reference 1&quot; class=&quot;data-footnote-backref&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/section&gt;</content:encoded></item><item><title>Le contenu de la trousse à câbles, six mois plus tard</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-contenu-de-la-trousse-a-cables/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-contenu-de-la-trousse-a-cables/</guid><description>Je cherchais un câble, j&apos;en ai sorti onze. Inventaire d&apos;une trousse que personne ne trie jamais, et de ce qui y est monté en route sans décision.</description><pubDate>Thu, 25 Jun 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Je cherchais le câble blanc, celui qui charge le téléphone. Je l’ai trouvé au bout de deux minutes, sous le reste, et j’ai continué à vider parce que c’était plus rapide que de refermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Table de la chambre, à Batoumi, un après-midi de juin. Onze câbles. Deux adaptateurs. Une clé USB dont j’ignore le contenu. Un lecteur de cartes mémoire. Deux chargeurs secteur. Une souris. Un élastique de bureau qui tient un rouleau depuis quatre ans et qui a survécu à un vol, à quatre pays et à une machine remplacée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est pas un organisateur de voyage à compartiments élastiqués. C’est une trousse d’écolier à fermeture éclair, en toile, que je n’ai jamais choisie et dont je ne sais plus d’où elle vient. J’ai écrit un texte en avril sur les organisateurs souples, avec un modèle retenu et trois écartés. Je n’en ai toujours pas acheté. C’est cohérent avec la façon dont ce site fonctionne et ça reste embarrassant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;pourquoi-cette-trousse-ne-se-trie-jamais&quot;&gt;Pourquoi cette trousse ne se trie jamais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je fais mon sac tous les quinze jours depuis six mois. J’ai sorti un livre à Marrakech, une paire de chaussures à Bangkok, deux tee-shirts en route. Chaque fois, l’arbitrage se déclenche de la même façon : l’objet est trop gros, trop lourd, ou il occupe une place que je veux donner à autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un câble ne déclenche rien. Il pèse le poids d’une poignée de pièces, il se plie, il se glisse dans un interstice, et il n’entre jamais en concurrence avec quoi que ce soit. Le seuil à partir duquel je me demande si un objet mérite sa place est situé quelque part au-dessus de la trousse entière, et très loin au-dessus de chacun de ses éléments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’accumulation ne vient pas d’un manque de discipline. Le tri des objets encombrants est un mécanisme automatique, et en dessous d’un certain volume il n’y a plus de mécanisme du tout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-qui-était-déjà-là-en-janvier&quot;&gt;Ce qui était déjà là en janvier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quatre objets ont traversé le vol, la traversée du détroit, la chaleur du printemps et deux mois d’Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rouleau de câbles maintenu par l’élastique de bureau, avec le câble blanc du téléphone, un câble en tissu tressé acheté au Portugal et deux câbles vers micro USB. L’un des deux sert encore, il charge l’enceinte à mousqueton. L’autre ne sert à rien depuis au moins deux ans et je serais incapable de dire quel appareil il alimentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chargeur de téléphone bas de gamme acheté à Lisbonne deux semaines avant le vol. Toujours là, toujours en service, c’est lui qui charge le téléphone toutes les nuits. J’ai publié en juin un texte sur les chargeurs à nitrure de gallium. Je n’en ai pas acheté non plus, et le lecteur qui trouve ça contradictoire a raison sur le fond et tort sur la méthode : ce que j’écris là-bas, c’est ce que j’achèterais, pas ce que j’ai acheté. La distinction tient tout le site et elle est détaillée dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’adaptateur de prise que je trimballe par superstition depuis quatre ans. Il a servi pour la première fois en avril, dans une chambre de Chiang Mai. Une fois en quatre ans, ce qui donne raison à la superstition et tort à tous les calculs que j’aurais pu faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souris, dont je parle plus bas parce qu’elle mérite sa propre section.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-qui-est-monté-à-bord-en-route&quot;&gt;Ce qui est monté à bord en route&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trois objets, trois raisons ponctuelles, aucune décision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un câble USB C vers USB C acheté à Chiang Mai, en avril, parce que celui d’avant était devenu poisseux. Longueur annoncée sur l’emballage que j’ai gardé deux jours avant de le jeter : un mètre. Je ne l’ai pas vérifié à la règle et je n’ai pas de règle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un adaptateur USB C vers USB A, acheté à Taipei en mai pour brancher une clé qu’un type de la chambre d’à côté voulait me passer. Le transfert a duré quatre minutes. L’adaptateur est resté six semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lecteur de cartes mémoire, celui-là je ne l’ai même pas acheté. Il était dans un tiroir d’une chambre de Hanoï, avec un chargeur et une chaussette, et je l’ai pris. Je n’ai pas d’appareil qui utilise une carte mémoire. Je l’ai pris quand même, et si tu veux comprendre comment une trousse grossit, tout est dans cette phrase.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-qui-na-jamais-servi&quot;&gt;Ce qui n’a jamais servi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le deuxième câble micro USB. La clé USB, qui contient probablement une présentation de 2019 et que je n’ai pas branchée depuis assez longtemps pour ne plus savoir ce qu’il y a dessus. Le lecteur de cartes. L’adaptateur de Taipei, depuis le jour de son achat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre objets sur dix-neuf, et aucun des quatre n’a jamais été proche de sortir du sac, parce que sortir du sac demande qu’on y pense, et qu’on n’y pense que quand ça gêne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent cinq câbles noirs à peu près identiques, de longueurs différentes, dont je serais incapable de dire lequel vient d’où. Je ne les compte pas dans les inutiles, puisque je ne sais pas ce qu’ils branchent. Je ne les compte pas non plus dans les utiles, pour la même raison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-qui-a-fondu&quot;&gt;Ce qui a fondu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le câble USB C d’origine de la machine, resté deux heures sur un rebord de fenêtre à Marrakech, en mars, pendant que je travaillais à l’autre bout de la pièce. La gaine a changé de texture. Elle est devenue collante et elle l’est restée, ce qui transforme un câble en aimant à poussière et en objet qu’on n’a plus envie de toucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fonctionne encore. Il est dans la trousse. Je l’ai gardé six semaines dans cet état avant d’en acheter un autre, et je n’ai jeté le collant qu’au moment d’écrire ce texte, ce qui fait de lui le seul objet de la journée dont le sort a été décidé par la rédaction d’un article.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;la-souris-et-ce-que-ça-donne-quand-on-regarde-enfin&quot;&gt;La souris, et ce que ça donne quand on regarde enfin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a une petite souris sans fil dans cette trousse, avec un récepteur planté dans une fente sous le capot. C’est la troisième du même modèle. J’ai déjà écrit ici que je les rachetais à l’identique sans jamais regarder ce qui existait d’autre, et j’ai écrit aussi que je devrais avoir honte de cette phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six mois plus tard, j’ai regardé. Une heure sur les fiches, ce qui est peu pour une famille entière et beaucoup pour un objet de ce prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j’y ai trouvé tient en une observation. La plupart des souris de voyage que j’ai regardées sont rechargeables, et c’est vendu comme un progrès. Sur une souris de bureau, ça en est probablement un. Dans une trousse à câbles, une souris rechargeable est un câble de plus, une charge à surveiller, et un objet qui peut s’arrêter au milieu d’un après-midi de travail dans un café où la prise est prise. La mienne fonctionne sur une pile qui dure des mois, et je m’en aperçois seulement maintenant que je compte les câbles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule des candidates regardées n’annonce aucune recharge dans son libellé. C’est celle que j’ai retenue en haut de page, et je la retiens sur ce seul critère, qui est aussi le seul que je puisse vérifier sans l’avoir en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rachat à l’identique était donc un bon réflexe. Il l’était par accident. Pendant trois exemplaires je n’ai pas su pourquoi j’avais raison, ce qui ne vaut pas mieux que d’avoir tort, et je le note ici plutôt que de me féliciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot sur la troisième ligne, parce que le motif peut passer pour un jeu de mots. Le seul rangement qui trie est celui qui refuse quelque chose, et une pochette qui compte ses couches comme un argument de vente annonce d’avance qu’elle ne refusera rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai jeté trois objets ce soir-là dans la corbeille de la chambre : le câble collant, le deuxième micro USB et le lecteur de cartes mémoire. Le lendemain matin, avant de descendre, j’ai repris le lecteur de cartes dans la corbeille et je l’ai remis dans la trousse. Il y est encore. Je n’ai aucune explication à donner et je n’ai pas envie d’en fabriquer une.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Le courant n&apos;est pas une constante</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-courant-nest-pas-une-constante/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-courant-nest-pas-une-constante/</guid><description>Un orage a mangé ma multiprise en mai et tout ce qui était branché derrière a survécu. Deux mois pour comprendre ce que ça ne prouve pas.</description><pubDate>Thu, 11 Jun 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Le soir où c’est arrivé, je travaillais à la table de l’appartement que je loue au mois. Le plafonnier a faibli. Pas éteint, juste baissé d’un cran pendant une seconde, puis remonté. Ça s’est produit quatre ou cinq fois en deux heures, sans que rien d’autre ne bouge dans la pièce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La machine ne s’est aperçue de rien. L’écran n’a pas cligné et la session n’a pas sauté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin, le petit chargeur mural sans marque que j’avais acheté en route ne chargeait plus rien. Deux ports, plus de diode, plus de chaleur. Je l’ai essayé sur trois prises différentes de l’appartement avant d’admettre que le problème n’était pas la prise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-je-ne-peux-pas-te-dire&quot;&gt;Ce que je ne peux pas te dire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que le courant l’a tué.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai aucun relevé, aucune trace, aucun instrument, et aucun moyen de savoir ce qui est passé dans cette ligne pendant que je regardais le plafonnier. J’ai une coïncidence de douze heures entre deux événements, et une coïncidence n’a jamais fait une cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’en tire rien non plus sur le réseau électrique d’un pays. J’ai une prise, un soir, dans un appartement dont j’ignore l’âge et le câblage. Écrire une phrase générale à partir de ça serait le genre de raccourci que je passe mon temps à démonter chez les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;comment-je-men-suis-sorti&quot;&gt;Comment je m’en suis sorti&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mal, et lentement, ce qui est la réponse la plus fréquente à cette rubrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai rien racheté sur place. Pendant trois jours, tout est passé par les ports de l’ordinateur, un appareil après l’autre, le téléphone pendant que je travaillais, le casque le soir. Ça marche. C’est simplement une file d’attente, et il faut penser à la faire avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai coût n’était pas là. Il était dans le fait que je regardais désormais le plafonnier au lieu de regarder l’écran.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-javais-laissé-en-plan-en-mai&quot;&gt;Ce que j’avais laissé en plan en mai&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux mois plus tôt, &lt;a href=&quot;/fr/carnet/lorage-de-chiang-mai-a-mange-ma-multiprise/&quot;&gt;l’orage de Chiang Mai a mangé ma multiprise&lt;/a&gt;. Le bloc est mort dans la nuit. L’ordinateur, le téléphone et le casque, tous les trois branchés derrière, n’ont rien eu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’avais raconté l’épisode en laissant la question ouverte, parce que je n’avais pas la réponse et que je n’allais pas la fabriquer : est-ce que ce bloc m’a protégé, ou est-ce qu’il a été la pièce la moins chère de la chaîne, celle qui cède en premier parce qu’elle est la plus fragile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis allé lire, deux mois après. La réponse honnête tient en une phrase. Les deux lectures sont compatibles avec ce que j’ai constaté, et rien de ce que j’ai constaté ne permet de choisir entre elles. Un bloc qui meurt en protégeant et un bloc qui meurt le premier produisent la même scène au réveil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est frustrant à écrire et c’est la seule chose vraie que j’aie à dire sur cette nuit-là.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;trois-menaces-et-un-vocabulaire-qui-les-mélange&quot;&gt;Trois menaces, et un vocabulaire qui les mélange&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce que la lecture m’a apporté, en revanche, c’est que je posais mal la question. Il n’y a pas une menace électrique, il y en a au moins trois, et les objets vendus pour y répondre ne s’adressent pas à la même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pointe brève.&lt;/strong&gt; Une élévation de tension qui dure très peu de temps et qui passe dans la ligne. C’est la seule chose qu’une multiprise dite parasurtenseur annonce traiter. C’est aussi la seule des trois qui tienne dans un sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le coup direct.&lt;/strong&gt; En français, le mot parafoudre désigne d’abord un dispositif d’installation fixe, posé dans un tableau électrique par quelqu’un dont c’est le métier. Il ne se transporte pas, je n’ai rien à en dire ici et je ne donnerai aucun conseil d’installation. Ce qui m’intéresse, c’est que le mot voyage. Il se retrouve dans le libellé d’une multiprise de bureau vendue en ligne, et ce trajet-là n’est pas anodin, parce qu’il fait croire à l’acheteur qu’il achète la protection du tableau dans un objet à poser sur une table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le manque.&lt;/strong&gt; La tension qui baisse et remonte, la coupure d’une seconde, le plafonnier qui faiblit. Aucun des quatre objets que j’ai regardés n’annonce quoi que ce soit contre ce cas. Ce qui le traite est un appareil à batterie interne qui prend le relais, il porte un autre nom, il pèse un autre poids, et je ne le transporte pas. Je n’en recommande aucun ici, je n’en ai relevé aucun, et je préfère te dire que la catégorie existe plutôt que de faire comme si ma multiprise couvrait le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-vocabulaire-fait-le-travail-que-la-donnée-ne-fait-pas&quot;&gt;Le vocabulaire fait le travail que la donnée ne fait pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur les quatre libellés que j’ai relevés, l’un annonce une protection contre les surtensions, un autre emploie le mot parafoudre, un troisième ne promet aucune protection du tout, et le quatrième vend douze ports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun des quatre ne publie de valeur d’absorption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu trouveras des chiffres en joules partout sur cette catégorie, dans les comparatifs comme dans les commentaires. Je n’en écrirai pas un seul, parce que je n’en ai relevé aucun sur les fiches que j’ai ouvertes, et qu’un nombre sans provenance ne vaut rien du tout. Une valeur non sourcée ne vaut pas mieux qu’une absence. Elle est seulement plus rassurante, ce qui la rend pire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;larithmétique-des-douze-ports&quot;&gt;L’arithmétique des douze ports&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le quatrième candidat annonce douze ports et cinquante watts. Les deux nombres sont sur la même ligne du libellé, et il suffit de les lire ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante watts se partagent entre ce qui est branché. Un ordinateur portable, à lui seul, en réclame une part telle qu’il ne reste plus grand-chose pour les onze autres. Douze ports n’est pas une capacité, c’est un nombre de trous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est l’élimination la plus rapide de ce site depuis six mois. Elle n’a demandé aucune expertise, juste de lire la fin du libellé après en avoir lu le début.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-jai-retenu-et-ce-que-ça-ne-règle-pas&quot;&gt;Ce que j’ai retenu, et ce que ça ne règle pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le modèle que je retiens annonce six prises, quatre ports USB et une protection contre les surtensions, dans un format présenté comme un chargeur de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six prises, c’est deux de trop pour moi. Je n’ai jamais eu six choses à brancher en même temps, et un objet de bureau qu’on emporte en voyage traîne toujours du volume inutile. Je le retiens quand même, parce qu’il est le seul des quatre à annoncer une protection dans un format qui accepte d’être transporté, et que le choix se fait entre ce qui existe, pas entre ce que j’aimerais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que ça ne règle pas : le soir du plafonnier. Rien de ce que je peux mettre dans un sac de quarante litres ne traite le cas d’une tension qui baisse et qui remonte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de ces trois motifs ne demande d’avoir branché quoi que ce soit. Ils demandent de lire une fiche en entier, et le détail de la méthode est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; dans ce tableau, et aucun &lt;strong&gt;T&lt;/strong&gt;. Je n’ai branché aucun de ces objets, je ne possède pas d’instrument de mesure électrique, et je ne transformerai pas une ligne de libellé en relevé personnel. Ce tableau compare des promesses, pas des performances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chargeur mort est resté trois semaines dans la trousse à câbles. Je le retrouvais chaque fois que je l’ouvrais, je le prenais, je le reposais. Pas par sentimentalité. Je n’arrivais pas à décider s’il était la preuve de quelque chose ou juste un objet bon marché arrivé au bout de sa vie, et tant que je ne décidais pas, le jeter revenait à trancher. Il a fini dans une poubelle de station-service, en sortant de la ville, ce qui est la façon dont finissent la plupart des questions qu’on ne tranche pas.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Six chargeurs, une journée, cinq éliminations</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/six-chargeurs-une-journee-cinq-eliminations/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/six-chargeurs-une-journee-cinq-eliminations/</guid><description>Une journée à Séoul remplace la grille de critères. Chaque heure disqualifie un candidat pour un motif différent. Quatre références, deux familles, un retenu.</description><pubDate>Thu, 21 May 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;J’ai commencé cet article par un tableau, comme tout le monde. Une colonne puissance, une colonne ports, une colonne poids, une colonne sigles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai tenu vingt minutes. Ce qui m’a arrêté, c’est la colonne suivante, celle que je n’arrivais pas à remplir et qui s’appelait « ça sert quand ». Les quatre premières venaient du même endroit : la fiche du vendeur. Chaque ligne d’une grille est une affirmation de quelqu’un qui a un produit à écouler, et je les alignais bien sagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai pris une journée à Séoul et je m’en suis servi de grille. Les lieux ne vendent rien, eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une précision avant de commencer, parce que le titre annonce six candidats et que je n’ai pas six fiches. Quatre existent sous une référence précise, ouverte et relevée le 11 août 2026. Les deux autres sont des familles entières, écartées en amont, sans que je regarde un seul modèle. Elles comptent dans mes six et elles n’ont pas de source produit, ce qui est exactement pour ça que je te le dis maintenant plutôt qu’en note de bas de page.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;7-h-10-la-chambre&quot;&gt;7 h 10, la chambre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une prise murale. Une seule, derrière la tête de lit, à trente centimètres du sol, accessible en s’agenouillant sur le matelas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux appareils à remplir avant de sortir, et une heure vingt pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Première élimination, et c’est une famille : les chargeurs à un port.&lt;/strong&gt; Avec une prise unique et un créneau court, chaque port manquant est un appareil qui attend son tour. Le chargeur d’origine de mon ordinateur appartient à cette famille. Il est dans mon sac, il fonctionne très bien, et c’est le seul objet de tout cet article dont je peux parler de première main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette élimination ne vise aucun modèle et ne repose sur aucune fiche. Elle repose sur une prise et sur une heure de départ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;8-h-40-le-café&quot;&gt;8 h 40, le café&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une salle en longueur, des tables contre le mur, une prise au sol tous les trois mètres. Deux clients ont déjà branché quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxième élimination : le modèle à quatre ports vendu avec un câble de deux mètres.&lt;/strong&gt; La fiche annonce ce câble comme un élément inclus, un argument de vente (libellé relevé le 11 août 2026). Dans un café à prises au sol, deux mètres de câble entre la prise et la table, c’est un fil tendu en travers d’un passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longueur n’est pas un défaut en soi, elle l’est ici, et « ici » est justement ce qu’aucun tableau ne contient. J’ai déjà fait tomber une tasse de cette façon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;11-h-une-salle-de-travail-partagée&quot;&gt;11 h, une salle de travail partagée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Grande table, une multiprise au milieu, six blocs déjà branchés dessus qui se disputent la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisième élimination : le modèle cent watts à trois ports.&lt;/strong&gt; Son libellé annonce la composition : deux types de connecteurs, dont un de l’ancienne génération rectangulaire (libellé relevé le 11 août 2026). Un port sur trois occupé par un connecteur que je n’utilise plus sur aucun de mes appareils, sauf un vieux câble d’enceinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libellé annonce aussi cent watts au total, sans publier ce que chaque port délivre quand deux appareils sont branchés ensemble. Cette répartition est la seule donnée qui m’intéresse et aucune des quatre fiches relevées ne la publie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne prétends pas savoir ce que ce chargeur délivre réellement. Je n’ai rien branché et rien mesuré. Je constate une absence sur une page de vente, ce qui est un fait beaucoup plus modeste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;15-h-la-trousse&quot;&gt;15 h, la trousse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien de spécial à cette heure-là, sauf que je refais mon sac avant de repartir et que la trousse à câbles est ouverte sur le lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatrième élimination : le modèle à quatre ports en nitrure de gallium.&lt;/strong&gt; Son libellé aligne quatre sigles techniques et une puissance totale (relevé le 11 août 2026). Quatre ports n’ont d’intérêt que si quatre câbles les accompagnent, et ces quatre câbles vivent dans une trousse que je transporte tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chargeur pèse ce qu’il pèse. Ce sont les câbles qui font le volume, et un chargeur se choisit avec sa trousse ou ne se choisit pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;19-h-retour-dans-la-chambre&quot;&gt;19 h, retour dans la chambre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le moment de la journée où tout se recharge en même temps, et le seul où j’ai vraiment besoin de plusieurs ports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinquième élimination, et c’est la deuxième famille : les blocs qui cumulent prise murale et batterie intégrée.&lt;/strong&gt; L’idée est séduisante sur le papier. Elle place une cellule lithium dans un objet qui reste branché toute la nuit, et elle transforme mon chargeur en batterie externe, avec les règles qui vont avec. Le groupe Lufthansa, dont j’ai parlé au printemps, interdit l’usage des batteries externes en vol depuis le 15 janvier 2026. Un objet qui change de catégorie réglementaire pour me faire gagner une prise, ça ne me tente pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là encore, aucune fiche derrière ce refus. Une famille, un raisonnement, et je préfère l’écrire ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;22-h-ce-qui-reste&quot;&gt;22 h, ce qui reste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un candidat. Trois ports, soixante-cinq watts annoncés, nitrure de gallium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il gagne par soustraction, et je ne vais pas maquiller ça en enthousiasme. Aucun des cinq motifs de rejet ne s’applique à lui : trois ports plutôt qu’un, aucun câble long imposé dans la boîte, aucun connecteur ancien annoncé dans son libellé, trois câbles seulement à transporter, aucune batterie à l’intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choses que je ne sais pas. Son libellé n’annonce pas de connecteur ancien, ce qui ne garantit pas qu’il n’y en ait aucun. Et sa répartition de puissance entre les trois ports n’est pas publiée, exactement comme chez les trois autres : ce défaut est commun aux quatre, ce qui le rend inutilisable comme motif d’élimination.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;pourquoi-une-journée-plutôt-quune-grille&quot;&gt;Pourquoi une journée plutôt qu’une grille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C’est le seul article de ce carnet où la méthode m’intéresse plus que l’objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grille compare des produits entre eux, avec des lignes fournies par les vendeurs. Une journée compare des produits à des endroits, et les endroits ne vendent rien. La prise derrière la tête de lit, la prise au sol du café, la multiprise saturée de la salle de travail, la trousse ouverte sur le lit : aucun de ces quatre éléments ne figure dans une fiche produit, et tous les quatre ont éliminé quelqu’un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limite de la méthode est évidente. Ma journée n’est pas la tienne : si tu travailles huit heures au même bureau avec quatre prises sous la table, ma quatrième élimination ne vaut rien chez toi, et le modèle à quatre ports devient probablement le bon choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux éliminations manquent dans ce tableau, celles des chargeurs à un port et des blocs à batterie intégrée. Elles n’y figurent pas parce qu’elles ne visent aucune référence et qu’un motif sans source n’a rien à faire dans cette colonne de droite. Elles comptent quand même dans mes six.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; dans ce tableau, et il n’y en aura pas. Mesurer une puissance délivrée demande un instrument entre la prise et l’appareil, je n’en ai pas, et recopier un nombre de fiche en le présentant comme un relevé serait exactement ce que ce site existe pour signaler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois questions restent ouvertes parce que je n’achète pas quatre chargeurs pour en garder un, et le détail de la méthode est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Le soir même, j’ai vidé la trousse à câbles sur le lit et j’ai compté. Cinq câbles pour quatre appareils. Le cinquième va sur une enceinte que j’ai remplacée deux fois depuis, avec un connecteur que plus rien chez moi n’utilise, et je le transporte de pays en pays depuis probablement deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de ports dont j’ai besoin n’est pas fixé par le nombre de mes appareils. Il est fixé par le nombre de câbles que j’accepte de porter, et ce nombre-là, je viens de découvrir que je ne le contrôlais pas du tout.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Le sac cabine que tout le monde conseille, et que je laisse</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-sac-cabine-que-je-laisse/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-sac-cabine-que-je-laisse/</guid><description>Le format 40 x 30 x 20 est le gabarit d&apos;une compagnie, pas un standard. Vingt-quatre litres annoncés, un texte européen qui n&apos;est pas voté, aucun achat.</description><pubDate>Thu, 07 May 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;À Taipei, dans une laverie ouverte sur la rue, j’ai compté trois fois le même sac en une heure. Même silhouette de caisse, mêmes sangles de compression sur les flancs, même façon de tenir debout tout seul quand on le pose par terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois personnes qui ne se connaissaient pas et qui avaient lu les mêmes pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les ai lues aussi. Depuis six mois, chaque fois que je cherche quoi que ce soit sur le bagage cabine, je retombe sur le même chiffre, servi du même ton, avec l’assurance qu’on réserve d’habitude aux normes internationales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;doù-vient-le-chiffre&quot;&gt;D’où vient le chiffre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quarante centimètres, trente, vingt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libellé de l’un de ces sacs annonce ces trois dimensions, une contenance de vingt-quatre litres, et cite deux compagnies aériennes par leur nom (fiche produit, relevée le 11 août 2026). Le vendeur est plus franc que la moitié des pages qui le recommandent. Il dit à quel gabarit son produit répond, et il ne prétend nulle part que ce gabarit vaut ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce format est la règle d’embarquement d’une compagnie. Personne ne l’a votée, et une autre compagnie peut publier demain trois autres nombres sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un objet dimensionné sur la règle d’un seul vendeur de billets l’annonce rarement dans son titre. Celui-là le fait, et c’est aussi le motif principal pour lequel je passe mon tour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;vingt-quatre-litres-ou-le-volume-de-la-boîte&quot;&gt;Vingt-quatre litres, ou le volume de la boîte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Prends les trois nombres annoncés sur la fiche et multiplie-les. Quarante par trente par vingt, ça fait vingt-quatre mille centimètres cubes. Vingt-quatre litres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est exactement la contenance que le libellé annonce (fiche produit, volume relevé le 11 août 2026).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que le vendeur appelle une contenance est le volume du parallélépipède dans lequel le sac doit rentrer. Un sac réel a des parois, des coutures, une fermeture éclair qui court sur trois côtés, un dos rembourré et des angles arrondis parce qu’aucun tissu ne fait un angle droit parfait. Tout cela se prend sur les vingt-quatre litres. Aucune des fiches que j’ai relevées ne publie de volume utile distinct du volume extérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon sac fait quarante litres annoncés par son fabricant, valeur que je n’ai jamais vérifiée et qui souffre probablement du même défaut. La différence reste massive. On me propose de descendre de quarante à vingt-quatre, en payant, pour gagner le droit d’embarquer sur une compagnie que je prends peut-être deux fois par an.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;passer-un-gabarit-et-être-porté-sont-deux-métiers-différents&quot;&gt;Passer un gabarit et être porté sont deux métiers différents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vingt centimètres de profondeur sur trente de largeur, ça donne un objet plus profond que large. La charge se place loin du dos et haut, parce que c’est la seule façon de remplir une boîte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas te faire un cours de biomécanique, je n’en ai pas les compétences. Je peux parler du sac que je porte, puisque je le porte : il est nettement plus haut que profond, il se plaque, et les jours à quinze kilomètres à pied m’ont appris que c’était le seul paramètre qui comptait vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ne sais pas, je le mets tout de suite sur la table : ces quatre sacs sont peut-être excellents à porter. Je n’en ai eu aucun sur le dos, aucune de leurs fiches ne publie la masse à vide, et je ne vais pas transformer une déduction géométrique en verdict de confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point que je maintiens est plus étroit et il est vérifiable. Ces sacs ont été conçus à partir d’un contrôle à l’embarquement. Le portage vient après, s’il vient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-pari-réglementaire-et-il-faut-le-dire&quot;&gt;Le pari réglementaire, et il faut le dire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 21 janvier 2026, le Parlement européen a voté un texte prévoyant un bagage cabine gratuit dans la limite de cent centimètres de dimensions cumulées et sept kilos. Le Conseil des ministres bloque. À l’heure où j’écris, rien de tout cela n’est en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le web francophone raconte massivement l’inverse. Je ne cite personne, ce n’est pas mon travail de distribuer des mauvais points, mais si tu as lu quelque part cet hiver que la loi était passée, tu as lu quelque chose de faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parallèle, et depuis août 2025, les compagnies membres d’Airlines for Europe se sont engagées volontairement sur un article personnel gratuit d’au moins quarante par trente par quinze centimètres. Engagement volontaire, pas obligation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais l’arithmétique avec les nombres de la fiche. Quarante plus trente plus vingt, ça fait quatre-vingt-dix centimètres cumulés, sous la limite de cent que le texte voté propose. Et vingt centimètres de profondeur, c’est cinq de plus que les quinze de l’engagement volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sac se retrouve donc dans un intervalle bizarre : trop profond pour le plancher que les compagnies ont accepté de leur plein gré, plus petit que ce qu’un texte encore bloqué autoriserait. Il est calé sur une troisième valeur, celle d’une compagnie, qui est la seule des trois à pouvoir changer sans prévenir personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre détail : la masse à vide du sac se prendrait sur ces sept kilos, et aucune des quatre fiches relevées ne la publie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-je-fais-à-la-place&quot;&gt;Ce que je fais à la place&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien de malin. Je garde le sac de quarante litres et la besace, je mets moins dedans qu’avant, et les deux ou trois fois par an où une compagnie impose son gabarit, je paye le supplément ou je mets le sac en soute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ça coûte de l’argent. Un sac de cette famille coûte à peu près ce que coûtent plusieurs suppléments cabine, ce qui rend l’achat défendable pour quelqu’un qui vole toutes les semaines sur la même compagnie. Je ne suis pas cette personne, et si tu l’es, tu n’as pas besoin de moi pour faire la division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’il fallait quand même en acheter un, mon critère d’entrée serait bête : une fiche qui publie la masse à vide et les dimensions intérieures, pas seulement les extérieures. Sur les quatre libellés que j’ai relevés, aucun ne fait les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois de ces quatre motifs sont des absences. C’est volontaire. Je préfère écarter un bon sac sur une fiche muette que retenir un sac dont j’ignore les deux chiffres qui décident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; dans ce tableau. Je n’ai mesuré aucun de ces sacs, je n’en ai touché aucun, et une dimension de fiche ne devient pas un relevé personnel parce que je l’ai recopiée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions restent ouvertes parce que je n’achète pas quatre sacs pour en écarter quatre, et la mécanique complète est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#ce-que-je-ne-teste-pas&quot;&gt;ce que je ne teste pas&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Il faut que je te dise quelque chose qui affaiblit tout ce qui précède. En avril, à Bangkok, j’en avais un dans un panier, prêt à payer. Ce qui m’a arrêté n’est aucun des arguments de cet article : c’était l’adresse de livraison, une guesthouse que je quittais le surlendemain. Le raisonnement est venu après, tranquillement, une fois la dépense évitée par accident. Je me méfie assez de moi pour savoir ce que ça vaut, et je l’écris quand même, parce que la moitié des convictions matérielles que je lis ailleurs ont probablement la même origine.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Le train de nuit Hanoï Đà Nẵng impose ses règles</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-train-de-nuit-impose-ses-regles/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/le-train-de-nuit-impose-ses-regles/</guid><description>Quatre couchettes, une lumière qui ne s&apos;éteint jamais et un sac qu&apos;on surveille en dormant. Trois contraintes, trois réponses d&apos;encombrement très différent.</description><pubDate>Thu, 23 Apr 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Le compartiment fait à peu près la surface d’une salle de bains de chambre d’hôtel. Quatre couchettes, une échelle métallique fixée à droite, une petite table sous la fenêtre. La porte coulisse et se referme avec un bruit de casier de vestiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois personnes que tu n’as pas choisies dorment à un mètre de toi pendant une nuit entière, et ça se passe très bien. Le problème n’est pas là. Il est que ce volume prend trois décisions à ta place, et que tu ne les découvres qu’une fois le train parti.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-la-couchette-impose&quot;&gt;Ce que la couchette impose&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lumière.&lt;/strong&gt; Il y a une veilleuse dans le plafond du compartiment et elle ne s’éteint à aucun moment. Le couloir est éclairé toute la nuit, et la porte a une vitre en partie haute. À chaque arrêt, la lumière du quai entre par la fenêtre, en biais, à hauteur de visage sur la couchette du bas. Tu ne contrôles rien de tout ça, parce que trois autres personnes vivent dans la même pièce et qu’aucune d’entre elles ne t’a demandé ton avis sur l’éclairage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bruit.&lt;/strong&gt; Les rails, les joints, le klaxon aux passages à niveau, la porte du couloir, les conversations à trois heures du matin, le voisin du dessus qui descend l’échelle. Aucun de ces bruits n’est fort. Ils sont irréguliers, ce qui est pire, parce que le sommeil s’accommode d’un ronflement constant de ventilation et se réveille sur une porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tes affaires.&lt;/strong&gt; Tu dors avec tout ce que tu possèdes dans la pièce, dont un sac de quarante litres qui ne rentre sous aucune couchette dans certaines voitures, et un petit sac qui contient les objets dont la disparition transforme le voyage en autre chose. Tu vas dormir. Pendant ce temps, personne ne surveille rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois contraintes, et l’erreur des listes que je lis depuis dix ans, c’est de les empiler dans le même paragraphe. Le confort se règle avec des objets minuscules dont on peut discuter sérieusement. La surveillance de tes affaires, non, et une liste qui traite les deux du même ton finit par mal traiter les deux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-bruit-et-le-chiffre-qui-ne-veut-rien-dire&quot;&gt;Le bruit, et le chiffre qui ne veut rien dire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J’ai un casque à réduction de bruit, il est à moi, je m’en sers tous les jours, et c’est justement pour ça que je peux dire qu’il ne sert à rien ici. On ne dort pas sur le côté avec une coque rigide coincée entre l’oreille et le matelas. J’ai essayé, la tête se pose sur le boîtier, l’arceau glisse, et l’oreille du dessous chauffe en vingt minutes. Un casque de ce genre est un objet pour rester assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent les bouchons. Ça se range dans la poche d’une veste et l’encombrement de cette réponse est proche de zéro. Le tri, en revanche, est pénible, et c’est là que j’ai passé le plus de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fiches, deux chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première annonce 27 dB et rattache cette valeur à une mesure normalisée, du type de celles que publient les fabricants de protections auditives. La seconde annonce 45 dB et ne cite aucune norme, aucun protocole, aucun laboratoire, aucune méthode d’essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’écris pas que 45 dB est impossible. Je n’en sais rien, ce n’est pas mon métier, et je n’ai aucun moyen de le vérifier. J’écris quelque chose de plus simple et de plus embêtant pour le vendeur : ces deux chiffres ne sont pas comparables. Le premier renvoie à une méthode partagée, ce qui permet de le mettre en face de celui d’un concurrent. Le second ne renvoie à rien, ce qui le rend intransitif. Il pourrait valoir 45, 12 ou 60, la fiche ne me donne aucun outil pour le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre un chiffre plus élevé sans référentiel et un chiffre plus bas avec, je prends le plus bas. C’est mon critère principal sur toute cette catégorie et il est plus utile que la moitié des comparatifs que j’ai lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur normalisée ne me dit pas non plus ce que j’entendrai dans ce compartiment. Elle sort d’un banc d’essai, avec des bruits qui ne sont pas des portes de couloir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;la-lumière&quot;&gt;La lumière&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un masque prend la place d’une paire de chaussettes roulée et ne pèse rien qui se remarque. C’est la réponse la moins discutable des trois, et pourtant elle a un piège.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le masque plat pose du tissu sur les paupières. Si tu bouges les yeux en dormant, tu le sens, et pour certaines personnes ça suffit à annuler tout le bénéfice. Le modèle que je retiens est construit autour de deux coques creuses qui laissent un vide devant chaque œil, et sa fiche vend précisément cette absence de pression comme son argument principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’objet est plus volumineux qu’un masque plat une fois dans le sac, puisqu’il contient de l’air par construction. L’arbitrage se fait entre ce volume et une sensation sur les paupières, et personne ne peut le faire à ta place.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;tes-affaires-et-la-réponse-que-je-nai-pas&quot;&gt;Tes affaires, et la réponse que je n’ai pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C’est la contrainte sur laquelle j’ai le moins à offrir, et je préfère l’écrire en toutes lettres plutôt que de meubler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réponse matérielle sérieuse à cette contrainte existe. C’est un câble en acier gainé de deux mètres, de huit millimètres de diamètre, avec un cadenas au bout. Ces dimensions sont annoncées par le vendeur, elles ne sont pas de moi, et elles suffisent à répondre : deux mètres de câble acier, dans un sac de quarante litres, pour trois ou quatre nuits de train par an. Je l’ai écarté, la ligne est dans le tableau plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce câble suppose en plus un cadenas, et j’ai abandonné le mien dans le tiroir d’une chambre de Lisbonne en février, après l’avoir ouvert moi-même en quarante minutes par ennui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j’ai fait cette nuit-là ne mérite pas le nom de méthode : le petit sac contre moi, le grand par terre, et le sommeil léger que ça produit. Je ne vais pas transformer un arrangement personnel en consigne de sécurité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot sur la deuxième ligne. Je n’écris pas que le masque lesté est mauvais. J’écris que les deux fiches se contredisent sur ce qui fait dormir, l’une vendant une pression apaisante et l’autre l’absence totale de contact, et qu’aucune des deux ne publie quoi que ce soit qui permette de trancher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; dans ce tableau, et il ne peut pas y en avoir : je n’ai eu aucun de ces cinq objets en main. Les quatre premières lignes sont des affirmations de vendeurs que je recopie sans les valider, la seule chose que j’apporte est la colonne de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois questions restent ouvertes parce que je n’achète pas cinq paires de bouchons pour en garder une, et le détail de la méthode est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Cette nuit-là, je n’avais ni masque ni bouchons. J’ai dormi avec la capuche d’une veste tirée sur les yeux et le tissu qui glissait à chaque changement de position, et je me suis réveillé à peu près à chaque arrêt, dont un long où le train est resté immobile assez longtemps pour que le silence devienne le vrai problème. C’est là, vers quatre heures, que j’ai commencé à faire cette liste dans ma tête. Un article de matériel écrit par quelqu’un qui n’avait aucun des objets qu’il décrit, la nuit où il en aurait eu l’usage.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Ce que le sac contenait en arrivant à Bangkok</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/ce-que-le-sac-contenait-a-bangkok/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/ce-que-le-sac-contenait-a-bangkok/</guid><description>Un sac vidé sur un lit après trois mois de route. Ce qui est parti à la poubelle en chemin, et pourquoi le rangement fabrique des objets qui n&apos;existent pas.</description><pubDate>Thu, 02 Apr 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;La chambre donne sur une cour intérieure et sur les climatiseurs de l’immeuble d’en face, qui font un bruit d’eau permanent. J’ai posé le sac de quarante litres sur le lit, j’ai ouvert les deux fermetures, et j’ai tout retourné d’un coup, ce qui est la seule méthode honnête.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mois depuis Lisbonne. Entre les deux, le Portugal, l’Espagne, un détroit, le Maroc, un vol de treize heures. Le sac n’a pas été vidé une seule fois pendant cette période. Il a été ouvert, fouillé, refermé, écrasé dans des coffres, rangé par un tapis roulant de contrôle de sûreté, mais jamais vidé.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;trier-contre-une-poubelle&quot;&gt;Trier contre une poubelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chez toi, tu tries contre une armoire. L’objet dont tu n’es pas sûr va dans le placard, et le placard est une machine à repousser la décision de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une chambre louée, l’armoire n’existe pas. Chaque objet reste dans le sac ou part à la poubelle, ce soir, sans troisième possibilité. Ça rend le tri rapide et un peu brutal, et ça produit une information que le tri à domicile ne produit jamais : la liste de ce qui n’a pas survécu au trajet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-qui-est-parti&quot;&gt;Ce qui est parti&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux câbles.&lt;/strong&gt; Un cordon fin dont la gaine s’est ouverte au ras du connecteur, et un câble d’un standard ancien qui alimentait un appareil dont je me suis séparé avant Noël. Trois mois de transport pour zéro branchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chargeur de l’ordinateur volé en janvier.&lt;/strong&gt; Il pesait ce qu’il pesait et il ne servait plus à rien dès le premier jour. Je l’ai porté du Portugal à l’Afrique du Nord, puis en Asie du Sud-Est, par une inertie que je n’explique pas mieux que ça.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une boîte rigide.&lt;/strong&gt; Livrée avec un accessoire, conservée par réflexe, jamais remplie. C’est le seul élément dur du sac, donc le seul qui puisse casser autre chose en écrasant son voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un paquet de papiers.&lt;/strong&gt; Reçus, souches de cartes d’embarquement, un plan de ville plié en huit. Ils ne pèsent rien et ils occupent exactement la poche où je range le carnet, ce qui est un coût sans masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait aussi un tee-shirt, celui que j’avais porté humide à Lisbonne, mais je l’ai raconté en janvier et il était déjà parti depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-point-commun&quot;&gt;Le point commun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reprends la liste. Aucun de ces objets n’a survécu trois mois parce que j’hésitais à m’en séparer. Ils ont survécu parce que je ne les ai jamais vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux câbles étaient dans le rouleau, tenu par un élastique de bureau depuis des années. Le chargeur était dans la poche latérale gauche, celle qui contient le matériel électrique et qu’on ouvre pour prendre le premier objet du dessus. La boîte rigide était au fond, sous les vêtements. Les papiers étaient dans une pochette avec d’autres papiers utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rouleau de câbles maintenu par un élastique compte pour un objet dans ta tête, et une poche latérale compte pour un aussi. Le rangement ne se contente pas d’ordonner le contenu, il fabrique des objets composites, et un objet composite ne s’inspecte jamais : il se prend et il se repose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sac que je porte est bien organisé au sens où je retrouve n’importe quoi en trois secondes. Il est mal organisé au sens où il m’a caché quatre déchets pendant un trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;les-trois-couches&quot;&gt;Les trois couches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce que le voyage a produit, sans que je l’aie décidé, c’est un rangement en trois niveaux d’accès.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poche de pantalon, atteignable debout, dans une file, en trois secondes. Le petit sac gardé entre les pieds, atteignable assis, sans se lever, ce qui en avion est la définition même de l’accessible. Le fond du quarante litres, atteignable une fois par jour et pas plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’ennui, c’est que la couche du milieu n’a pas d’objet. Elle a un sac, et à l’intérieur du sac, du vrac. Le rouleau à l’élastique est une tentative de couche intermédiaire, et sa faiblesse est exactement celle que je viens de décrire : il agrège sans montrer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;lobjet-que-je-regarde&quot;&gt;L’objet que je regarde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une pochette plate en tissu, à plusieurs compartiments cousus, prévue pour les accessoires électroniques. Elle ne fait rien de plus que séparer ce qui était en vrac, et l’argument tient dans un seul mot : elle montre. Ouverte à plat sur un lit, un compartiment vide se voit. Dans un rouleau maintenu par un élastique, un câble mort ne se voit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne l’ai pas achetée et je ne l’ai pas eue en main. Ce que je peux vérifier tient dans le libellé du vendeur et dans sa fiche, relevés le 11 août 2026 : pochette d’organisation pour accessoires de voyage, disponible au moment du relevé. Ce que je ne peux pas vérifier est plus long, et c’est écrit plus haut dans le verdict.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point mérite d’être dit clairement, parce qu’il vaut pour toute la famille : aucune de ces fiches ne publie ses dimensions intérieures. La seule question sérieuse qu’on se pose devant une pochette d’organisation, c’est de savoir si le bloc d’alimentation de l’ordinateur y entre. Aucun vendeur de cette catégorie ne répond à cette question, et je choisis parmi ceux qui ne répondent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de ces trois motifs ne demande d’avoir eu l’objet en main. Une absence de dimension, un argument de vente hors sujet et un empilement à trois étages sont écrits par les vendeurs eux-mêmes, et ce sont eux qui disqualifient. La méthode entière est décrite dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;, et elle vaut ce que valent des fiches de vente, ce qui n’est pas énorme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une poche zippée que je n’ouvre jamais, sous la doublure, j’ai retrouvé la carte bancaire de secours. Celle qui doit servir le jour où l’autre est avalée par un distributeur à trois mille kilomètres de ma banque. Date de fin de validité : février. Elle a donc voyagé six semaines dans le rôle d’un filet de sécurité qu’elle ne remplissait plus, et je ne l’ai découvert que parce que j’ai vidé le sac sur un lit. La couche intermédiaire, ce n’est pas seulement pour les câbles.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>La batterie qu&apos;on emporte et qu&apos;on ne peut plus allumer</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/la-batterie-quon-ne-peut-plus-allumer/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/la-batterie-quon-ne-peut-plus-allumer/</guid><description>« Autorisé en Avion » est écrit dans le titre de la fiche. C&apos;est vrai. Autorisé à monter à bord ne veut pas dire autorisé à s&apos;en servir.</description><pubDate>Thu, 19 Mar 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Trois mots figurent dans le titre de la fiche, avant même le nom du modèle : &lt;strong&gt;autorisé en avion&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est vrai. Le vendeur ne ment pas, et il n’a pas besoin d’être malhonnête pour que la phrase produise l’effet qu’elle produit. Un lecteur qui achète une batterie externe pour ses vols lit ces trois mots comme une autorisation d’usage. Elle n’en est pas une. Elle dit que l’objet a le droit de monter à bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu’il a le droit d’y faire est une autre question, elle a changé récemment, et l’essentiel de ce qui se lit en français raisonne encore sur l’état d’avant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-qui-a-changé-et-chez-qui&quot;&gt;Ce qui a changé, et chez qui&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Lufthansa, qui couvre Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Eurowings, Edelweiss Air et Brussels Airlines, applique depuis le &lt;strong&gt;15 janvier 2026&lt;/strong&gt; une règle en quatre points. Les batteries externes restent autorisées en cabine. Elles ne peuvent plus être utilisées pendant le vol. Elles doivent rester accessibles. Le maximum est de deux batteries par passager, de 100 Wh chacune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&quot;https://business.lufthansagroup.com/eg/en/program/experts/news/power-banks-on-board--updated-regulations-from-january-2026&quot;&gt;la page du groupe consacrée à cette mise à jour&lt;/a&gt;, consultée le 11 août 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux faits antérieurs l’éclairent. La recharge d’une batterie externe sur une prise USB de l’avion était déjà interdite chez ce même groupe depuis &lt;strong&gt;mai 2025&lt;/strong&gt;. Et Air France interdisait déjà l’usage des batteries externes en vol avant cette date, information relevée sur la page d’information bagages de la compagnie, consultée le 11 août 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne publie de lien que pour la source dont je peux donner l’adresse exacte. Pour la seconde, je donne la nature du document et la date, et rien de plus. C’est moins satisfaisant qu’une URL, et plus honnête qu’une URL reconstituée de mémoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’origine invoquée de ces décisions est un &lt;strong&gt;incendie à bord d’un Airbus A321 en Corée du Sud, en janvier 2025&lt;/strong&gt;, attribué à une batterie externe. Je relaie cette attribution telle qu’elle circule dans les communications des compagnies. Je n’ai pas lu le rapport d’enquête et je ne certifie pas la cause.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-je-ne-vais-pas-te-dire&quot;&gt;Ce que je ne vais pas te dire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que c’est la règle partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait le raccourci naturel, il serait faux, et il tromperait dans les deux sens : celui qui compte sur un usage qu’on lui refusera, et celui qui range sa batterie en soute en croyant qu’elle est devenue interdite en cabine. Chaque compagnie publie ses propres conditions et elles ne changent pas le même jour. Sept compagnies apparaissent dans ce texte. Il en existe des centaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste utile tient en une phrase : ouvre la page bagages de ta compagnie, la semaine où tu voles. Un article de mars ne répond pas pour un vol de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais pas non plus te suggérer de la ranger là où on ne la verra pas. La règle citée plus haut demande l’inverse, la batterie doit rester accessible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-calcul-que-tout-le-monde-saute&quot;&gt;Le calcul que tout le monde saute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le seuil réglementaire s’exprime en wattheures. Les fiches produit s’expriment en milliampères-heures. Presque personne n’explique le passage de l’un à l’autre, et on lit partout des conversions fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un milliampère-heure mesure une quantité de charge, pas une quantité d’énergie. C’est un débit multiplié par une durée. Il ne dit rien tant qu’on ne sait pas sous quelle tension cette charge est stockée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’énergie s’obtient en multipliant la charge par la tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le modèle retenu. Il annonce 27000 mAh, soit 27 ampères-heures. Les cellules lithium-ion ont une tension nominale de 3,7 volts, et c’est cette valeur qui sert de convention dans les marquages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 multiplié par 3,7 donne 99,9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu moins de 100 wattheures. Juste sous le seuil, avec une marge d’un dixième de wattheure, ce qui n’est évidemment pas un hasard de fabrication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le piège arrive ici. Si tu fais le même calcul avec les 5 volts de la sortie USB, tu obtiens 135 wattheures, et tu conclus que la batterie dépasse le plafond. Cette conversion circule, elle affole des gens à trois jours du départ, et elle repose sur la mauvaise tension. La valeur qui compte est celle des cellules, et la référence opposable reste le chiffre imprimé sur le boîtier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai pas vu ce marquage, puisque je n’ai pas l’objet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;largument-contraire&quot;&gt;L’argument contraire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une grosse batterie externe est l’objet le plus recommandé du voyage en avion, et elle est recommandée pour la raison qui est en train de tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments de vente relevés parlent tous du vol : tenir pendant un long-courrier, travailler huit heures sur son ordinateur en l’air. Chez les six compagnies citées plus haut, depuis janvier, ces usages n’existent plus. L’objet monte à bord et il reste éteint dans le porte-bagages, à portée de main, pour qu’on puisse le sortir vite s’il se passe quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne le rend pas inutile. Ça déplace sa raison d’être au sol, et le sol est l’endroit où j’en avais besoin depuis le début : le hall de gare routière de Séville et sa prise unique derrière un distributeur, la chambre où la seule prise est derrière le lit. Une réserve sert entre deux prises, pas à trente-cinq mille pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achète-la pour ça, et le raisonnement tient. Achète-la pour le vol, et tu paies un objet lourd qui passera le vol à ne rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une objection que je me fais, parce que quelqu’un me la ferait sinon. Le modèle retenu subit la même arithmétique : 99,9 Wh à 140 W se vident en quarante-trois minutes environ. La différence tient à la quantité stockée, d’un tiers supérieure sous un plafond identique. Aucune de ces batteries ne remplace une prise murale. Ce sont des réserves, et une réserve se juge à ce qu’elle contient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces cinq fiches ne publie sa valeur en wattheures dans le libellé relevé. Sur une famille d’objets dont la contrainte réglementaire s’exprime en wattheures, c’est l’unité absente de tous les titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions restent ouvertes parce que je n’ai acheté aucune de ces cinq batteries, et la règle qui m’oblige à le dire est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#ce-que-je-ne-teste-pas&quot;&gt;ce que je ne teste pas&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Sur le vol de mars, la personne assise à côté de moi a sorti une batterie externe du filet, y a branché son téléphone et l’a posée sur la tablette. Un membre d’équipage lui a demandé de débrancher et de ranger. La discussion a duré vingt secondes et je n’ai entendu qu’une phrase, dite sans agressivité, avec l’assurance de quelqu’un qui a fait ses devoirs : « mais elle est autorisée en avion, c’est marqué sur la boîte. » Elle l’était. C’était marqué. Je ne nommerai pas la compagnie, faute d’avoir relu sa page bagages ce jour-là. Ce que je retiens, c’est que trois mois plus tôt j’aurais dit la même phrase, sur le même ton, aussi certain d’avoir raison.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Un lecteur part au Maroc et me parle de prises</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/un-lecteur-part-au-maroc-et-me-parle-de-prises/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/un-lecteur-part-au-maroc-et-me-parle-de-prises/</guid><description>Un lecteur me demande quel adaptateur emporter à Marrakech. Il n&apos;en a pas besoin. Le vrai problème arrive quand la chambre n&apos;a qu&apos;une seule prise.</description><pubDate>Thu, 05 Mar 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Un lecteur m’écrit. Le message est court et poli, il part en avril, et sa question tient en trois lignes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je pars deux semaines, Marrakech puis Essaouira. Je ne trouve pas de réponse claire sur l’adaptateur secteur. Il y en a à tous les prix, certains font chargeur en même temps, d’autres non. Tu prendrais lequel ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je vais répondre, et pas à cette question. Elle a une réponse d’une ligne, cette ligne va le décevoir, et le reste de l’article commence après.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;la-réponse-dune-ligne&quot;&gt;La réponse d’une ligne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n’a besoin d’aucun adaptateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Maroc utilise les prises de type C et E, en 220 volts. C’est le standard français et c’est le standard portugais. Sa fiche rentre dans le trou. Son chargeur fonctionne. Il n’y a rien à acheter et rien à emporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l’ai vérifié dans les conditions les moins glorieuses possibles. En arrivant à Tanger fin février, la première chose que j’ai regardée dans la chambre, avant même de poser le sac, c’était la prise murale. Elle était identique à celle de Lisbonne. J’avais transporté un adaptateur universel toute la journée, dans une poche latérale, comme je le transporte depuis quatre ans, &lt;a href=&quot;/fr/carnet/deux-pays-avant-le-dejeuner/&quot;&gt;au terme d’une journée à quatre correspondances&lt;/a&gt; où je n’avais rien branché du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans à déplacer un objet sans jamais vérifier s’il servait quelque part sur mon itinéraire. Je ne suis pas en position de me moquer de la question du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ne vais pas faire, c’est te coller un tableau des types de prises par pays. Il en existe des centaines, tous identiques, et ils sont la raison pour laquelle mon lecteur n’a pas trouvé de réponse claire : quand cinquante pages répondent à la même question, aucune ne prend le risque de dire que la question ne se pose pas. Un article qui conclut « n’achète rien » n’a rien à vendre en bas de page.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;la-chambre-à-vingt-deux-heures&quot;&gt;La chambre, à vingt-deux heures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Là où le problème existe vraiment, c’est trois semaines plus tard, dans une chambre de Marrakech, à l’étage, avec une fenêtre qui donne sur une cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une prise. Une seule, à trente centimètres du sol, derrière la tête du lit, ce qui suppose de déplacer le lit ou de dormir avec les câbles en travers de l’oreiller. La table où je travaille est à l’autre bout de la pièce, sous la fenêtre, parce que c’est là qu’il y a de la lumière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la table, quatre choses qui doivent être pleines le lendemain matin : l’ordinateur, le téléphone, le casque, l’enceinte. Le disque dur se recharge sur l’ordinateur, la souris tient des mois, le carnet papier n’a besoin de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre appareils, une prise, et une nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contrainte n’a aucun rapport avec la forme de la fiche. Une chambre ancienne a une prise par pièce parce qu’elle a été câblée quand une pièce contenait une lampe, et le neuf en met quatre au-dessus du bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui déplace la question. Le bon objet n’est pas celui qui transforme une fiche en une autre, c’est celui qui transforme une prise en quatre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-second-problème-mécanique&quot;&gt;Le second problème, mécanique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a une deuxième chose, et je l’ai découverte en la subissant deux nuits de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socle de cette prise n’est pas solidaire du mur. Il bouge de quelques millimètres quand on tire dessus, et il est monté de travers, comme souvent dans un immeuble recâblé par-dessus l’ancien. Un chargeur léger tient. Un bloc lourd, non : il pend au bout de ses deux broches, le poids fait levier, les broches sortent de deux ou trois millimètres, et le contact devient intermittent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m’en suis rendu compte le matin, en trouvant un ordinateur à moitié chargé et un téléphone qui n’avait rien pris du tout. Pas de panne, pas d’étincelle, pas de drame. Une charge qui s’est arrêtée à un moment que je n’ai pas vu, parce que quelqu’un a fermé la porte de la chambre un peu fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un bloc massif qui délivre de la puissance dissipe de la chaleur, dans un socle encastré, sans circulation d’air derrière le lit. Je note ce fait et je m’arrête là. Je ne suis ni électricien ni ingénieur, je ne vais pas te donner de conseil de sécurité électrique, et tu remarqueras que les pages qui en donnent gratuitement ne signent jamais de leur métier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conséquence pratique, en revanche, je peux la tirer : à nombre de ports égal, le bloc le plus compact l’emporte, et un bloc qui gagne des ports en gagnant du volume ne gagne rien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;ce-que-je-retiens-et-ce-que-jignore&quot;&gt;Ce que je retiens, et ce que j’ignore&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le retenu est un bloc universel à quatre ports USB, deux de type C et deux de type A. Il garde la mécanique de l’adaptateur, dont je n’ai aucun usage ici, et il ajoute les quatre ports, qui sont toute la valeur de l’objet. Si tu ne quittes jamais la zone type C et E, un chargeur multiport sans adaptateur fait la même chose en plus petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, l’inconfort. Le libellé que j’ai relevé ne publie pas la puissance totale de ce bloc. Ni le chiffre global, ni la répartition par port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’écarte plus bas deux objets sur leur puissance annoncée, et je retiens celui dont la puissance n’est pas annoncée. C’est une incohérence et je préfère l’écrire en gras plutôt que de la laisser se faire repérer par quelqu’un d’autre : je le retiens sur son nombre de ports, qui est vérifiable, en ignorant le chiffre qui déciderait s’il recharge un ordinateur. Tu trouveras la question posée telle quelle dans le bloc des limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier motif est le même que celui qui m’a fait éliminer deux ordinateurs en février. Je l’applique une seconde fois sans état d’âme, avec une réserve que l’honnêteté impose : je viens de retenir un objet dont la puissance n’est pas publiée non plus. La différence tient à ce que je lui demande. Les quatre ports sont écrits, et les quatre ports sont ce que j’achète.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre cases sur quinze disent « non publié ». C’est la vraie information de ce tableau. Sur une famille d’objets vendue au nombre de watts, deux fiches sur cinq ne donnent pas de watts, et personne ne s’en émeut parce que personne ne fabrique le tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions restent ouvertes parce que je n’achète pas cinq blocs pour en garder un, et le détail de la méthode est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;L’adaptateur universel que je transporte depuis quatre ans a servi pour la première fois cette année, et pas à moi. Une femme croisée dans la cour du riad repartait sur Londres et cherchait depuis dix minutes si quelqu’un avait « le truc à trois pattes ». Je l’avais, au fond de la poche latérale, sous une pochette que je n’avais pas ouverte depuis Séville. Elle est repartie avec. J’ai attendu d’être remonté dans la chambre pour vérifier que je n’en aurais pas besoin avant l’été.&lt;/p&gt;</content:encoded></item><item><title>Racheter un ordinateur en quatre jours</title><link>https://www.voyageur.tech/fr/carnet/racheter-un-ordinateur-en-quatre-jours/</link><guid isPermaLink="true">https://www.voyageur.tech/fr/carnet/racheter-un-ordinateur-en-quatre-jours/</guid><description>Six machines, trois contraintes non négociables, cinq éliminations. Deux des six, je les ai eues entre les mains. Les quatre autres, non.</description><pubDate>Thu, 05 Feb 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Quatre jours. C’est le temps qu’il me restait à Lisbonne avant de reprendre la route, et c’est la contrainte qui a tout structuré.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cas d’achat n’existe nulle part dans les comparatifs. Ils supposent tous que tu as le temps : lire, comparer, attendre une promotion, hésiter entre deux configurations. Le remplacement en urgence obéit à d’autres règles, et la première est qu’un produit indisponible n’est pas un candidat, quelles que soient ses qualités.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;les-trois-contraintes&quot;&gt;Les trois contraintes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elles n’ont pas bougé d’un millimètre en quatre jours, ce qui est déjà une information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ça se porte toute la journée.&lt;/strong&gt; Sur le dos, dans une besace, quinze kilomètres à pied certains jours. Le poids est mon premier critère, avant la puissance, avant l’écran, avant le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ça tient une journée de travail sans chargeur.&lt;/strong&gt; Pas une journée de bureau. Une journée où le chargeur reste dans la chambre parce que le café n’a pas de prise et que la bibliothèque ferme à dix-sept heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C’est livrable avant que je reparte.&lt;/strong&gt; Quatre jours, adresse temporaire, aucun retour possible ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;comment-jai-trouvé-six-candidats&quot;&gt;Comment j’ai trouvé six candidats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai pas lu de comparatif. J’en ai ouvert deux le premier soir, et je les ai fermés au bout de dix minutes pour la même raison : ils classaient des machines que je ne pouvais pas recevoir avant mon départ, et aucun des deux ne mentionnait la disponibilité comme un critère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La méthode qui a marché est plus bête. J’ai filtré sur la diagonale, entre treize et quinze pouces, puis j’ai trié par ce que le vendeur affichait comme délai. Ça m’a laissé une trentaine de références. J’ai éliminé tout ce dont le libellé ne portait ni masse ni autonomie, ce qui en a retiré les deux tiers d’un coup. Restaient une dizaine de machines, dont six correspondaient à quelque chose que j’aurais pu porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette façon de faire a un défaut évident : elle favorise les constructeurs qui écrivent bien leurs fiches, pas ceux qui fabriquent bien leurs machines. Je l’assume parce que je n’avais aucun moyen d’évaluer la seconde qualité en quatre jours, et parce que la première est au moins vérifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a aussi un effet secondaire que je n’avais pas prévu. En quatre jours, je n’ai regardé aucune image de produit. Pas une. J’ai passé mon temps dans des tableaux de caractéristiques et dans des notices, et je crois que c’est la première fois de ma vie que j’achète un objet à plus de mille euros sans jamais avoir eu envie de savoir à quoi il ressemblait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux dernières éliminations peuvent paraître mesquines. Elles ne le sont pas. Quand le poids est ton premier critère et que la page de vente ne le donne pas, la page a répondu à ta question : ce n’est pas un argument que le vendeur met en avant, donc ce n’est probablement pas un point fort. Je préfère écarter une bonne machine sur une fiche muette que retenir une machine dont j’ignore la donnée qui compte le plus pour moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du clavier est différent, et c’est le seul de ce tableau qui vaut vraiment quelque chose. J’ai tapé deux ans sur la génération précédente de cette machine, tous les jours, dans des trains et des cafés. Je sais de quoi je parle et c’est rare sur ce site. Ce que je ne sais pas, c’est si le constructeur a corrigé la frappe depuis, et rien sur la fiche ne permet de le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; dans ce tableau. Je n’ai pas pesé ces machines, je n’ai pas d’instrument, et je ne vais pas transformer une donnée de vendeur en relevé personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note sur la masse de la machine retenue : la fiche affiche une valeur qui correspond à un poids d’expédition, emballage compris, et non à la masse de l’appareil. Je ne la reprends pas. C’est un cas fréquent et c’est exactement pourquoi une fiche qui ne publie pas de poids clair est un signal, pas un détail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;pourquoi-celle-là&quot;&gt;Pourquoi celle-là&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle coche les trois contraintes sans que j’aie à deviner une valeur manquante, et elle était disponible immédiatement. Ce n’est pas un raisonnement brillant. C’est le raisonnement qui reste quand tu as quatre jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six mois plus tard, ce que je peux en dire, et c’est du possédé, pas de l’analyse : l’autonomie tient ce qu’elle annonce, l’ergonomie du système m’a demandé une semaine et ne m’a plus rien demandé depuis, et le clavier ne me fait pas faire de fautes. Ce dernier point n’était pas dans mes critères. Il aurait dû y être.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ne peux pas te dire, c’est si c’est la meilleure machine de cette liste. Je n’ai pas essayé les cinq autres, et personne ne peut te le dire sans les avoir portées sur le dos pendant six mois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;journal-de-révision&quot;&gt;Journal de révision&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La génération M5 est sortie depuis, et le modèle décrit ici n’est plus qu’en stock résiduel. Si tu lis ce texte aujourd’hui, l’équivalent courant est le même 13 pouces en génération suivante. Le raisonnement des trois contraintes ne change pas, les chiffres de la fiche, si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois questions restent ouvertes parce que je n’achète pas six machines pour en garder une, et le détail de la méthode est dans &lt;a href=&quot;/fr/manifeste/#comment-je-choisis&quot;&gt;comment je choisis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;p&gt;Ce que cet épisode m’a coûté, ce n’est pas le prix de la machine. C’est d’avoir découvert, en quatre jours, que mon critère numéro un depuis cinq ans n’était pas le poids. C’était l’habitude. J’ai racheté la même catégorie d’objet que celle qu’on m’avait prise, en changeant de marque par accident plutôt que par décision, et j’ai eu de la chance que ça tombe juste.&lt;/p&gt;</content:encoded></item></channel></rss>